Ce dossier a été rédigé il y a 1 année. Il commence à dater mais n'est pas forcément obsolète. Lisez-le en gardant son âge en tête, surtout si il aborde des éléments financiers ou réglementaires ! Merci ...

Vous aimez les voitures qui ont du caractère et sont économiques ? La Triumph TR6 est probablement la meilleure réponse possible. Rarement une voiture n’aura été aussi marquante dans le monde des petits roadsters que la TR6. Cette dernière a été produite entre 1969 et 1976 à près de 95.000 exemplaire (94.619 pour être précis) en Angleterre mais l’essentiel de la production a été exportée aux États-Unis.

En 1968, la TR5 (une TR4 remotorisée avec un 6 cylindres en ligne) commence à accuser le poids des ans. Pourtant, le modèle n’a que quelques mois ! Mais la silhouette toute en courbes de Michelotti n’est plus dans l’air du temps. Triumph fait alors appel à la sérieuse firme allemande Karmann. De nouvelles faces avant et arrière permettront de faire naître la Triumph TR6 !

Triumph TR6

Le moteur est donc 6 cylindres en ligne de 2,5 litres délivrant de 104 à 150 cv selon ses versions : 150 avec la très britannique injection de chez Lucas, 125 pour les versions européennes à carburateurs SU et 104 pour les versions américaines « basse compression » pour cause de contraintes environnementales (déjà). Coté transmission, on retrouve une solution typiquement britannique avec une boîte à 4 rapports, plus un overdrive électrique optionnel qui allonge la transmission, se qui est hautement appréciable en vitesse de croisière.

La Triumph TR6 se voit équipée de « grandes » roues de 15 pouces, assez inhabituelles sur un roadster à l’époque et qui la différencient visuellement de la concurrence. Le freinage de la TR6 est confié à des freins à disque sur l’avant et des freins à tambour pour l’arrière. Le tableau de bord se veut sportif avec pas moins de 6 cadrans (2 gros compteurs et 4 manos) le tout sur l’incontournable planche de bord en bois. Les sièges sont épais, le levier de vitesse est court, le pédalier est décalé sur la droite, la position de conduite est ultra basse … Tout ceci confère une atmosphère agréable, avec une ambiance qui hésite entre luxe, vintage et sport.

Triumph TR6

Au volant
Le 6 en ligne s’ébroue généralement sans difficulté, il vibre, il pétouille parfois …. il a du caractère. Et surtout un son enivrant. Inutile d’aller chercher 6.000 tours ou plus comme sur une 911 : dès 3.000 tours, la musique du six cylindres devient carrément symphonique ! Accessoirement, ce moteur se révèle relativement souple. La direction n’est pas assistée mais reste assez douce, le freinage correct permet d’entrer en virage avec une bonne précision. L’embrayage risque peut-être de mettre votre mollet gauche à l’épreuve. L’ensemble paraît équilibré mais il ne faut pas s’y tromper, la TR6 conserve une architecture technique totalement dépassée avec son pont AR rigide et il ne faut pas lui demander plus que de raison ! La Triumph TR6 n’est pas très rapide en ligne droite mais raffole des routes sinueuses. C’est une voiture qui procure un plaisir extraordinaire, de part son moteur et les sensations de conduite qu’elle procure, à des vitesses très raisonnables.

Triumph TR6

La TR6 aujourd’hui
Avec près de 100.000 exemplaires produits, la Triumph TR6 n’est pas une voiture rare. On en voit régulièrement lors des réunions Oldtimer et dans les petites annonces. Comme pour toutes les voitures des années 60-70, la corrosion est l’ennemi numéro 1. Avec un châssis séparé, ça simplifie la restauration, mais comme la plupart des anglaises la TR6 adore rouiller. Il faudra donc opter pour un modèle déjà restauré, à moins de vouloir vous lancer dans un chantier de gros oeuvre. Le moteur est solide, il faut juste vérifier qu’il a toute l’huile dont il a besoin. Par contre, l’injection est complexe à régler. Les carbus SU sont fiables mais ne permettent pas de donner le meilleur du moteur, mais il existe des conversions avec des carbus de marque Weber qui améliorent bien les choses.

Triumph TR6

Enfin, l’électricité est bel et bien anglaise : le multimètre sera de rigueur. La fourniture en pièces châssis ou mécaniques ne pose aucun problème.
La consommation ? Raisonnable si vous roulez sur le couple : entre 10 et 12 l/100 km. Après, comme toujours, la consommation c’est avant tout une question de pied droit !

La cote
Etonnament, la cote de la TR6 est stable depuis plusieurs années, sans doute en raison du nombre d’exemplaires présents sur le marché. Les modèles injection sont souvent les plus prisées, à tort ou à raison. La cote de la Triumph TR6 s’étire de moins de 10.000 euros pour un modèle fatigué (mais roulant) à restaurer jusqu’à 35.000 euros pour un modèle entièrement restauré. Les 20-25.000 euros de différence représentent ni plus ni moins que les sommes nécessaires à une belle restauration … à chacun de voir quel type de produit il recherche.

Triumph TR6

Notre choix
Pour une fois, nous opterons pour une voiture sans prétention, destinée à servir de « daily driver » pour les beaux jours. Ce modèle à carbus est qualifié de « good driver » par son vendeur, c’est à dire qu’elle roule bien. Vendue 9.000 euros, on lui consacrera quelques centaines d’euros pour la fiabiliser (freins, allumage, carbus et amortisseurs) et pour polisher sa peinture afin de pouvoir passer le reste de l’été cheveux vent !