La GT6 est la réponse de Triumph à la MG B. Basée sur la Spitfire, la carrosserie redessinée par Giovanni Michelotti est devenue un élégant fastback à hayon qui a valu à la GT6 le surnom de « Type E du pauvre ».
Ceci dit, ce n’est pas forcément négatif d’être comparé à une type E ! Le moteur est un 6 cylindres en ligne de 2 litres développant 104 cv et autorisant une vitesse de 190 km/h. Une GT relativement sage, décalée et cossue mais avec une vraie personnalité de sportive et qui aujourd’hui devient un must en collection, de surcroit très accessible.
La Triumph GT6 coté technique
La grande spécificité de la Triumph GT6 c’est donc sa ligne fastback très séduisante et typiquement british. Malgré un ADN commun, la GT6 rompt délibérément avec la Spitfire, avec une élégance plus racée, des performances en hausse et une finition plus soignée. Même si l’on retrouve l’esprit de la « spit » dans le galbe des ailes avant et arrière, la ligne est transfigurée par le nouveau dessin du toit et de la poupe signés Michelotti ! L’avant qui bascule intégralement pour découvrir l’intégralité de la mécanique, les feux ronds à l’arrière, la lunette AR, l’échappement central et l’énorme bouchon du réservoir d’essence lui donnent une ligne délibérément sportive. Autre avantage de cette carrosserie, c’est d’offrir un vrai coffre qui permet de s’affranchir de la traditionnelle valise sanglée sur le coffre du cabrio. La planche de bord cosy en bois offre toute l’instrumentation nécessaire dans un fouillis toujours délicieusement british.
La GT6 a été produite de 1966 à 1973, et déclinée en 3 séries Mark1 à Mark3. La première GT6 souffrait d’un comportement instable en virage dû à la suspension arrière Swing Axle. Avec la Mk2, Triumph a complètement révisé cette suspension (comme sur la Spitfire Mk4), offrant une tenue de route nettement améliorée.
Nous nous intéressons à la Mark2, produite de 68 à 70, qui nous parait être la plus désirable, la Mark3 ne faisant que se mettre au normes du marché américain, au prix de lourdes concessions sur les performances. La Mark2 est connue aux USA sous l’acronyme de GT6+
Mécaniquement, la GT6 est équipée d’un 6 cylindres 2 litres en ligne de 104 cv et à la sonorité bien présente, typiquement 60-70. Equipée d’un classique arbre à came latéral entrainé par chaine, cette mécanique est fiable et sans souci si elle est correctement entretenue. Attention, le vénérable 6 cylindres de la GT6 préfère jouer dans le registre rauque des 2.500-4.500 trs que hurler à 7.000 trs comme le flat6 d’une 911 ! Son registre, c’est plus le couple que les hauts régimes …
Le châssis bénéficie d’une modernisation par rapport à la Spitfire, notamment au niveau du train arrière. Si l’évolution est bénéfique pour la tenue de cap et la rigueur du comportement, ça ne fait pas encore de la GT2 une pistarde ! Il faut continuer de la voir comme un coupé ludique pouvant être conduit à vive allure, d’autant plus que le freinage rest dans les standards de l’époque : 2 disques et deux tambours, sans assistance. Comme souvent sur les anglaises, une option « overdrive » permettait de sur-multiplier la 4eme, pour soulager le moteur (et les oreilles) à allure constante. La vitesse maxi, même si ce n’est pas ce que l’on recherche, s’établit à un honnête 190 km/h.
A l’achat, la GT6 souffre de sa principale qualité : une cote encore basse et accessible, qui fait que tous les propriétaires n’ont pas forcément investit comme il le faudrait dans l’entretien d’une voiture qui affiche au minimum 40 printemps. Comme elle reste très accessible, il faudra impérativement privilégier les exemplaires qui ont un historique clair, qui ont vu toutes leurs pièces d’usure remplacées (notamment au niveau des trains roulants) et bien entendu les voitures complètes avec leurs éléments spécifiques, parfois remplacés par d’autres issus du large catalogue Triumph.
Quelques anecdotes autour de la Triumph GT6
La GT6 figure dans quelques jeux de simulation auto ou de collection de voitures anciennes, comme :
GT Legends, un jeu dédié aux voitures de tourisme classiques,et parfois dans des mods pour Assetto Corsa ou RFactor, où des passionnés reproduisent la voiture dans ses moindres détails.
Icône du style « British cool » : dans les rassemblements de voitures classiques, la GT6 attire souvent les regards pour son profil typiquement sixties. Elle incarne le style britannique « mod » et un art de vivre entre performance modeste et élégance. Elle figure régulièrement dans des shootings photo mode rétro, ou des clips musicaux d’inspiration vintage.
Ideale pour partir en weekend, la GT6 est une porte d’entrée élégante et exclusive dans le monde des 6 cylindres anglais performants. Sa rareté est un gage de hausse de sa cote, d’éligibilité à toutes les sorties ou épreuves historiques et de revente aisée, si elle est en bon état. Mais il faudra aussi sans doute se montrer patient pour dénicher le bon exemplaire.
Du coté de la cote
9 à 20.000 euros en 2024
Tendance : Stable, Hausse probable
Notre choix :
Un exemplaire de 69 ou 70, noté 8/10 proposé aux alentours de 16.000 euros. Coté couleurs, on évitera les trop classiques vert anglais et le rouge, au bénéfice du nuances moins courantes comme le superbe blanc cassé du modèle qui illustre cet article.






