Ce dossier a été rédigé il y a 2 années. Il commence à dater mais n'est pas forcément obsolète. Lisez-le en gardant son âge en tête, surtout si il aborde des éléments financiers ou réglementaires ! Merci ...

Les années 50 et 60 ont produit leur lot de néo-sportives à la ligne séduisante mais aux performances communes. Dans la lignée des VW Karman-Ghia, des Renault Floride ou Caravelle, la Simca 1000 coupé et sa déclinaison 1200 S étaient destinées à séduire une clientèle jeune et féminine.

Simca est une marque française née à la fin des années 20, sous la houlette de Fiat et surtout de son directeur Theodore Pigozzi, afin de produire des Fiat en France. Dans les années 50, Simca absorbe Ford France. Ce sera le début de la production des premières « véritables » Simca originales : Aronde, Vedette, Oceane … En 1958, Chrysler rachète à son tour 25% de Simca qui a son tour absorbe Talbot pour accéder à son usine de Suresnes. Pigozzi lance alors en 1960 le programme Simca 1000 : le concept technique est très proche de la Fiat 850, la carrosserie et le dessin , eux, sont très proches ceux de la Renault R8 avec une carrosserie 3 volumes quasiment symétrique entre l’avant et l’arrière et un 4 cylindres de cylindrée modeste, placé en porte-à-faux arrière. Simca grille la politesse à la Régie en présentant son modèle en 1961, un an avant la R8 ! La Simca 1000 rencontre immédiatement un gros succès commercial, qui ne se démentira pas durant 17 ans !

La Simca 1000 Coupé

Simca 1000 coupé

Pigozzi lance immédiatement le projet d’une variante sexy sur la base mécanique de la 1000. Facel-Vega et Bertone sont sollicités. Et c’est le dessin du jeune Giorgetto Giugiaro de chez Bertone qui est retenu. La ligne de la Simca 1000 coupé est basse et filante, élégante et gracile, avec un pavillon très incliné et la partie arrière qui se termine avec deux petits feux ronds. L’ensemble est particulièrement élégant et joue la vedette au Salon de Genève en 1962

Simca 1000 Coupé

La mécanique est constituée par le moteur « Poissy » 944cc à cinq paliers emprunté à la berline et boosté à 52 ch DIN permettant au petit coupé d’accrocher les 140 km/h, en raison de sa ligne profilée. Le train arrière reprend les bras oscillants de la berline mais le freinage est amélioré en faisant appel à quatre freins à disques. Malgré tout, le comportement dynamique reste hasardeux  et surtout franchement sur-vireur, bien éloigné de celui d’une sportive. La voiture rencontre un succès d’estime mesuré, dans l’ombre de la polyvalente berline 1000.

Simca 1000 coupé

La Simca 1200 S

Il faudra attendre 1967 pour que Simca se penche à nouveau sur le destin de son petit coupé … et le métamorphose, en le dotant du tout nouveau moteur 1200 destiné à la future berline 1100… Présenté en juin 1967, la nouvelle « Simca 1200 S » est dotée du nouveau 1204cc qui avec l’aide de deux carburateurs double corps Solex de 35 et d’un rapport volumétrique poussé à 10,25:1 revendique désormais 80 cv à 6.000 trs/mn !

Simca 1200 S

La vitesse maximum est désormais de 175 km/h et le 0 à 100 km/h abattu en 12.8 secondes. Pour canaliser cette augmentation de plus de 50% de puissance, le châssis est revu. Des cardans remplacent les bras oscillants et une barre anti-roulis fait son apparition à l’avant. Le radiateur est désormais placé à l’avant, favorisant la répartition des masses, et diminuant le caractère survireur de la « petite » 1000 coupé.

Simca 1200 S

Le tableau de bord équipée de gros compteurs ronds avec compte-tours central renforce l’impression de sportivité. Le volant bois à 3 branches inox ajourées apporte sa contribution à l’impression générale de sportivité, avec une planche de bord recouverte de skaï surpiqué de la meilleure impression.

Moteur Simca 1200 S

Le radiateur désormais placé à l’avant s’accompagne d’une calandre agressive, doté de deux phares additionels. Avec ses 4 optiques rondes et un museau redessiné en nez de requin la Simca 1200 S affiche une toute nouvelle agressivité, en rapport avec ses nouvelles performances. Par contre, le coffre avant disparaît presque totalement du fait de la relocalisation du radiateur et du système d’extraction de l’air chaud, nécessitant une canalisation pour s’échapper par les deux ouïes du capot. En 1969, une crémaillère remplace le boitier à vis et galet pour un meilleur guidage du train avant.

Simca 1200 S

Mais alors que tout annonçait une carrière attractive à la 1200 S, Simca signe en 1969 un accord avec Matra pour distribuer la Matra 530 et développer futures berlinettes Matra-Simca à moteur central (donnant notamment naissance à la Bagheera) feront que la 1200 S est retirée de la gamme Simca dès 1971 …

Les Simca 1000 et 1200 S Coupe aujourd’hui
Environ 10.000 Coupés 1000 et 14.700 Coupé 1200 S auront été produits par Simca entre septembre 1962 et juin 1971. Ces modèles souffrent des défauts des modèles de cette génération : essentiellement la corrosion. Coté mécanique, aucun problème : c’est du solide et tout est issu de la banque d’organes de Simca. Un bémol pour la tôlerie spécifique bien plus difficile à trouver. Si il y a des panneaux à remplacer, il faudra les reformer. A la conduite, n’oubliez le coté survireur, surtout sur route mouillée !

Simca 1200 S

Bien plus rares que les Alfa Giulia et Giulietta, les Simca Coupé offrent le charme de l’exclusivité et des petites productions. Le sigle « Bertone » apposé sur le flanc apporte une touche d’exclusivité très enviable. En version 1200 S, le coupé Simca offre des performances et des qualités routières très intéressantes, se révélant plus vif et sécurisant. En bref, plus moderne …

La cote
De 10.000 euros pour un Coupé 1000 à 20.000 euros pour un coupé 1200 S

Tendance
Légèrement à la hausse

Simca 1200 S

Notre choix

Vous l’aurez deviné, notre choix se portera sur un coupé 1200 S, à la fois agréable et ludique à conduire, tout en restant abordable. Dans cette fourchette de cote, nous chercherons un exemplaire restauré et surtout strictement conforme à sa configuration d’origine, seule garante de la préservation de sa valeur … et pourquoi pas de son augmentation !

Le modèle présenté en photo ci dessus, équipé des rares jantes optionnelles Cromodora Fergat en alliage de magnésium et parfaitement restauré a changé de mains moyennant 18.500 euros début 2016