Ce dossier a été rédigé il y a 5 années. Il commence à dater mais n'est pas forcément obsolète. Lisez-le en gardant son âge en tête, surtout si il aborde des éléments financiers ou réglementaires ! Merci ...

A la fin des années 60, Ferruccio Lamborghini souhaitait donner la réplique aux Porsche 911 et autres Ferrari Dino 246, avec une voiture plus économique que les Miura ou Espada. L’option mécanique retenue serait un V8, plus puissant que les 6 cylindres de la « concurrence ». Le dessin de la voiture fut confié à Bertone, et plus précisément à Marcello Gandini. L’Uracco (du nom du taureau qui tua le célèbre matador Manolete) fut présentée au salon de l’auto de Turin en 1970, avec un V8 maison de 2.5 de cylindrée délivrant 220cv en position centrale.

Lamborghini Urraco

Le public accueillit très favorablement la ligne et les motorisations proposées pour ce coupé 2+2. Malheureusement, le constructeur du faire face à des mouvements sociaux, un changement important de management, et des problèmes de mise au point du moteur, si bien que les premiers exemplaires ne purent être livrés que fin 1972. Entre temps, de nombreux clients avaient annulé leur commande…

Lamborghini Urraco

Pourtant, l’Urraco ne manquait pas d’atouts. Les perfs sont au niveau du haut de gamme Porsche de l’époque (la 911 2.4S) avec un 0-100 km/h abattu en 6,5 secondes et une vitesse maxi de 230 km/h. Mais l’architecture à moteur central la rend bien plus facile à piloter que la Porsche ! Au niveau de l’intérieur, même si le cuir est de mise et les fenêtre électriques, le tableau de bord fait penser à celui d’un avion de chasse, avec les compte-tours et compteurs de vitesse repoussés aux extrémités gauche et droite de l’immense planche de bord !

Lamborghini Urraco

Les chiffres de vente sont poussifs et bien en deçà des espérances de Lamborghini. A cela viennent s’ajouter les prémices de la crise mondiale de 1973 et la récession. L’Urraco qui devait pérenniser Lamborghini est devenue un poids. Fin 1974, les nouveaux patrons de Lamborghini abattent une nouvelle carte avec la remplaçante de P250: la P300, une version 3 litres de 265 cv (avec distribution par chaine) qui lui permet d’accrocher les 250 km/h. Mais l’Urraco souffre toujours de son lancement raté et d’une qualité de fabrication en retrait face à sa rivale de toujours, la Porsche 911. Avec à peine plus de 200 exemplaires produits, la P300 tirera sa révérence en 1978…

A noter l’existence d’une confidentielle P200 (2 litres, 180cv) destinée au marché italien. C’est donc au total seulement 791 Uraco qui furent mises sur le marché !

Lamborghini Urraco

La Lamborghini Urraco aujourd’hui :
L’Urraco est un voiture rare. C’est ce qui en fait la principale saveur, avec son moteur V8 aux couvre-culasses siglés Lamborghini. C’est également ce qui fait -ou fera- son attrait dans les années à venir, à n’en pas douter. Sa cote encore « très raisonnable », la magie du blason, d’excellentes performances, une conduite facile, sa ligne, la grille de sélection des vitesses… en font une voiture particulièrement désirable. Seul bémol, compte-tenu du faible nombre d’exemplaires produits, la difficulté à trouver un exemplaire qui soit en bon état et qui ne soit pas à reconstruire. Dans ce contexte, préférez toujours payer un peu plus cher un modèle parfait et bien entretenu, qu’un modèle à retaper. Attention quand même à l’entretien, il est difficile de trouver un mécano compétent sur ces mécaniques !

Lamborghini Urraco

La cote :
De 12.000 à 30.000 euros pour la P250, avec une moyenne de transactions autour de 22-25.000 euros
De 15.000 à 35.000 euros pour la P300

La tendance :
A la hausse

Notre choix :
Le marché est étroit, très étroit : seuls une dizaine d’exemplaires changent de main chaque année dans le monde. Il faudra donc être très patient, ou prêt à voyager ! Attention toutefois aux modèles US « dépollués » dont la puissance est réduite : on préfèrera un modèle d’origine européenne ! Notre choix se portera sur cet exemplaire P250 de 1973 d’origine italienne qui a été importé en Angleterre en 2004 et qui dispose de tout son dossier historique. Cette Urraco est en état 2,5 sur l’échelle internationale de notation des voitures de collection et a changé de mains pour 21.000 euros début 2013

Lamborghini Urraco