Ce dossier a été rédigé il y a 4 années. Il commence à dater mais n'est pas forcément obsolète. Lisez-le en gardant son âge en tête, surtout si il aborde des éléments financiers ou réglementaires ! Merci ...

Née en 1955, la Karmann-Ghia devait être le pendant « sportif » de la Coccinelle de VW. Bien que peu portée sur les chronos, sa carrière s’étira sur presque 20 années, pour se terminer en 1974, avec près de 400.000 exemplaires produits

Au début des fifties, alors que la production de la Volkswagen est en augmentation constante, une série de contacts est initiée entre Wolfsburg et Turin, capitale des carrossiers italiens, débouchant sur un partenariat avec Mario BOANO, alors dessinateur chez Ghia. Ce partenariat se concrétisa par la création d’une carrosserie rabaissée et fludifiée, adapté au chassis de la VW. Et c’est ainsi qu’à la fin de l’année 1952 naissait un cabriolet prototype qui, dans sa ligne générale, laissait parfaitement augurer de ce que serait la voiture définitive. En 1953, apparaissait le prototype définitif du coupé dont la paternité des lignes fut toujours controversée : fut-il le fruit du seul travail de Mario BOANO ou fut-il inspiré par l’américain Virgil EXNER qui avait dessiné les carrosseries spéciales des Chrysler d’Elegance, fabriquées par Ghia en 53 ? La similitude est troublante …

Karmann-Ghia prototype 1953

La fabrication industrielle de la VW Karmann Ghia fut confiée au carrossier allemand Karmann, déjà en charge de réaliser les cabriolets Coccinelle à 4 places. Et finalement, le modèle fut officiellement présenté à la presse en juin 1955. Le succès fut immédiat et la cadence de production atteignit rapidement 50 voitures par semaine.

La Karmann Ghia, pour beaucoup, c’est une coccinelle en tenue de soirée. Même moteur, même châssis, mêmes freins … mais un centre de gravité abaissé et un meilleur aérodynamisme lui confèrent un un « touché » de conduite et une allure plus dynamique que la Coccinelle. Coté technique, il n’y a pas de quoi s’enflammer : le classique bloc moteur-boite en porte à faux arrière de la Cox affiche 1200 cc et 30cv pour une vitesse maxi de 120 km/h. Mais la voiture est doté de 4 roues indépendantes qui la rendent sure.

Karmann Ghia 1956

Dès 1958, un élégant cabriolet rejoint le coupé au catalogue. Il fait un tabac et reste un des plus élégants cabriolet de sa génération.

Cabriolet Karmann Ghia 1959

Deux ans plus tard, la Karmann-Ghia subit sa première importante évolution stylistique. La forme des ailes AV change afin d’augmenter la hauteur des phares. S’en est donc fini de la génération « lowlight ». Dans la foulée, les ouies d’aération deviennent plus éfilées et les feux arrière prennent une forme en amande.

Karmann-Ghia 1965

En 1961, la mécanique bénficie d’une première évolution. Le vénérable bloc « pied-moulé » (le même que les KubelWagen de l’AfrikaKorps de Rommel) cède la place à un nouveau bloc. Même sort pour la boite « splitcase » remplacée par une boite offrant 4 vitesses synchronisées. Toujours avec 1200 cc, la puissance s’affiche alors à 34cv pour une vitesse maxi de 125 km/h.

Karmann Ghia cabrio 1965

Mais c’est en 1966, 11 ans après son lancement, que la Karmann Ghia va vraiment commencer à se moderniser. Elle verra cette année là son moteur passer à 1300 cc et son train avant abandonner les rustiques pivots au bénéfice de rotules porteuses. L’année suivante, les freins AV se doteront de disques, l’électricité passera en 12V, le tableau de bord sera également redessiné pour arborer l’incontournable faux-bois en vogue à cette époque. Quant au moteur, il passe à 1500cc et 44cv. On peut enfin rouler et atteindre 136 km/h en vitesse maxi !

A la même époque, une transmission semi-automatique voit le jour. Très agréable, son attrait vaut surtout parce qu’elle induit une modification du train AR qui abandonne les trompettes et leur variations incessantes du carrossage au bénéfice de cardans offrant une tenue de route bien meilleure.

Tableau de bord Karmann Ghia

Enfin, la dernière évolution majeure de la Karmann Ghia intervient en 1970. Elle abandonne ses clignotants « obus » pour de gros modèles rectangles à l’avant, à l’arrière ce sont aussi de gros blocs optiques qui se subsituent au feux en amande. En 1971, c’est le chant du cygne pour les fins pare-chocs qui sont remplacés par les gros modèles surnommés « chemin de fer », contrainte des normes, déjà … Le moteur passe à 1600cc et 50cv. Les 140 km/h sont officiellement accessibles…

Karmann Ghia 1973

En 1972, dernière évolution : des feux AR encore plus gros et une planche de bord en plastique noir, avec deux gros compteurs centraux… La production perdurera jusqu’en 1974 où la Scirocco, au cotés de la nouvelle Golf, permettront à Volkswagen de sortir de la monoculture de la Coccinelle…

La Karmann-Ghia type 14 n’est pas une voiture de sport. C’est un coupé ou cabriolet élegant, solide et fiable. Elle ne s’est pas vendu à 400.000 exemplaires (dont les 3/4 aux USA) pour rien. Il lui a toujours manqué 30cv pour l’empêcher de jouer dans la cour des 356, Triumph, MG, Volvo P1800S ou autres Austin Healey…

Logo Karmann Ghia

La Karmann Ghia aujourd’hui :

La Karmann ‘typ14’ est probablement une des voitures les plus romantiques de la fin des années 50 / début des années 60, avec la Mercedes 190 et la Volvo P1800S, ce qui en fait une voiture toujours remarquée et admirée. Sa qualité d’exécution, la pureté du dessin, la mettent au niveau des plus belles réalisations de l’époque. Aujourd’hui, elle évolue à la fois dans le milieu de la collection traditionnelle et des passionnés de Cox et dérivées. Facile à vivre et à conduire, son entretien est celui d’une Coccinelle, pour peu que la carrosserie soit en bon état.

Karmann Ghia sous la neige

La Cote :
Le ticket d’entrée pour un coupé en bon état est de l’ordre de 10.000 euros, mais un « lowlight » d’avant 1960 peut atteindre 30.000 euros
Pour un cabriolet, il faudra mettre 14.000 euros, mais pour un rare cabriolet « lowlight » il faudra tabler sur 40.000 euros

Karmann Ghia Lowlight cabrio

Tendance :
A la hausse

Notre choix :
Cruel dilemne … nous sommes incapables de choisir entre un superbe cabriolet « lowlight » de 1959 et un non moins superbe coupé de 1972 ! En fait, le choix doit se faire selon l’usage que l’on souhaitera pour ces voitures. Le cabrio 1959 s’utilisera principalement pour les promenades dominicales et les sorties en anciennes, alors que le coupé 1972 sera totalement adapté à un usage quasi-quotidien avec sont électricité 12 V, ses gros blocs optiques, les gros pare-chocs et son moteur offrant les performances d’une petite citadine contemporaine… Ce coupé Gemini Blue L96E de 1972 a changé de mains contre 12.000 euros au début de l’année 2014.

Karmann Ghia Gemini Blue