Ce dossier a été rédigé il y a 2 années. Il commence à dater mais n'est pas forcément obsolète. Lisez-le en gardant son âge en tête, surtout si il aborde des éléments financiers ou réglementaires ! Merci ...

En 1965, Ford Europe rêve de décliner la success story de la Mustang sur le vieux continent : Une 2 portes pour une clientèle jeune et à la recherche de sportivité et d’originalité. Le résultat, c’est la Ford Capri !

La gestation de la Capri prendra 4 ans, sollicitant trois équipes – une britannique , une allemande et une américaine – pour concevoir le projet. Paradoxalement, c’est le dessin américain qui sera retenu. La Capri est présentée au Salon de Bruxelles en Janvier 1969.

Ford Capri

Techniquement, la Ford Capri est conforme à son époque : moteur avant/propulsion arrière, freins arrière a tambours, pont arrière rigide, mais sa silhouette est séduisante et élancée, conforme aux canons stylistique des sportives de l’époque, avec son long capot, son arrière court et sa trappe d’essence émergeant directement dans l’un des montants du pavillon. Mais surtout, comme la Mustang, elle offre la silhouette séduisante d’un coupé 2 portes pour le prix d’une simple berline.

Comme pour la Mustang, il est possible de choisir plusieurs mécaniques dès le lancement, des sages V4 de 1300, 1500 et 1700 cm3 aux V6 2000 ou 2300 cm3. A partir de l’automne 1969, une mécanique V6 de 3 litres (issue de l’ancienne Ford Zodiac) complète l’offre. La puissance des moteurs reste modeste: de 59 à 90cv pour les 1300, 1500 et 1700cc et de 90 à 138cv pour les 2000, 2300 et 3000cc. Le choix de Ford est de privilégier la fiabilité en utilisant des mécaniques éprouvées sur d’autres modèles.

Ford Capri

Le catalogue Ford ne propose pas moins de sept niveaux de finition. En combinant les options et les moteurs le choix est d’une extrême variété. Chaque degré de finition est identifié par un petit badge au bas des ailes avant. Les versions GT bénéficient de l’assistance au freinage et de pneus radiaux, d’essuie-glaces à deux vitesses et d’un tableau de bord enrichi d’une montre et d’un compte-tours.

Tableau de bord Ford Capri GT

A l’automne 1970, la 2600 GT à carburateur double-corps de 125 cv et surtout de la 2600 RS à injection mécanique rejoignent la gamme Capri. La RS est une variante véritablement sportive: surbaissée et allégée, remotorisée avec un V6 2600cc de 150cv, elle va véritablement ensorceler la Capri. Conçue par le motoriste Jochen Neerspasch, Ford Europe s’inspire encore de la Mustang et sa déclinaison ultra sportive par Carrol Shelby !

Ford Carpri RS 2600

La RS 2600 est équipée de quatre amortisseurs spécifiques, d’un train avant revu, de 4 phares ronds, de jantes alu et d’un pont arrière autobloquant en option. Affichant 1080 kg à la pesée et délivrant 150cv, la 2600 RS accélère aussi fort qu’une Porsche 911 2.0 S. Excusez du peu …. mais elle ne vaut que 26.900 FF contre 66.000 FF à la Porsche !

Ford Capri RS 2600

En septembre 1972, les moteurs V4 cèdent la place aux blocs en ligne type Pinto issus des Ford Taunus, Cortina et Escort, offrant à cylindrée égale, une puissance supérieure. Une nouvelle version 1600 GT équipée d’un 4 cylindres à arbres à cames en tête remplace les 1500 et 1700 moteur V4. La boite auto est en option sur tous les modèles. Au sommet de la gamme, on retrouve la très luxueuse version 3000 GXL à moteur 3.0 litres. Le million de Capri est atteint en août 1973, un chiffre bluffant pour un coupé !

Ford Capri MkII

En février 1974 apparaît la gamme Capri MkII. L’évolution touche essentiellement la carrosserie avec l’abandon de la nervure latérale sur les flancs des anciens modèles et l’arrivée d’un hayon arrière sur toutes les versions, afin d’augmenter le volume du coffre. Si en France la gamme est restreinte aux 3 motorisations d’entrée de gamme (choc pétrolier oblige), l’Allemagne découvre au printemps 1976 d’une Capri 2000, animée par le V6 déjà vu sur la Capri Mk1.

La Ford Capri fait l’objet d’une 3eme version MkIII en 1978. Il faut dire que la concurrence s’est démocratisée : Renault avec ses 15 et 17, Opel avec sa Manta et Volkswagen avec sa Scirocco. Les Capri MkIII bénéficient d’un capot débordant sur la calandre, de doubles phares, de pare-chocs noir mat et d’un habitacle plus sobre.

Ford Capri MK III

Mais l’esprit des années 80 ne correspondent pas plus à la Capri qu’à sa grande soeur Mustang. Les séries limitées ne suffisent pas à enrayer le déclin de la Capri. Derniers soubresauts, en 1981 apparaisent une Capri 2.8 équipée du moteur de la Ford Granada développant 160cv et d’une boite 5 vitesses puis sa déclinaison turbo développant 188 cv capable d’atteindre les 215 km/h (cette dernière ne fut jamais commercialisée en France). La dernière Ford Capri sort des chaînes deux ans plus tard, en décembre 1986. Près de deux millions de Ford Capri auront été produites de 1969 à 1986.

La Ford Capri aujourd’hui :
Contrairement à sa cousine Mustang qui est passée à la postérité très rapidement, la Capri à connu un gros passage à vide avant de retrouver son public, à fortiori en France où sa carrière est restée discrète. Les mécaniques, fiables et endurantes, issues d’autres modèles du constructeur ne présentent aucune difficulté d’entretien. La multiplicité des versions et des finitions peut toutefois engendrer quelques difficultés de restauration. Comme toujours, la rouille peut faire des ravages sur les voitures de cette époque. La Capri reste une « vraie » voiture des années 70, c’est à dire qu’elle véhicule le charme et l’insouciance de la période tout en restant parfaitement conduisible aujourd’hui, au moins dans ses versions développant 90 cv et plus.

Notre choix :
Notre préférence ira à une MkI de 1970-1972 en motorisation V6 2.6 : 2600 GT ou (si l’on arrive à en dénicher une) 2600 RS. Le ronronnement de leur V6 et leurs performances équivalentes aux 911 de l’époque en font des modèles particulièrement désirables. La cote, encore contenue permet d’opter pour un modèle restauré et sans corrosion.
Cette Capri 2600 GT a changé de mains contre 12.000 euros en septembre 2015

Ford Capri 2600 GT

La cote :
La variété des modèles et des motorisations se retrouve dans la cote qui s’étire entre 5 et 6.000 euros pour les modestes 4 cylindres et 25.000 euros pour la rare RS 2.600 !

Tendance :
A la hause pour les 6 cylindres, stable pour les 4 cylindres