Avec ses cabriolets « Sports » déclinés en 1500, 1600 et surtout 2000cc, Datsun annonce d’emblée la couleur à partir de 1963. Et avec une diffusion plus large aurait pu en remontrer à bien des marques « mythiques ».

Les marques japonaises sont, dans les années 60, quasiment inconnues en Europe. Pourtant, elles étaient déjà de redoutables motoristes et capables de produire des voitures exceptionnelles à l’exemple de la Toyota 200GT ou des Honda S800

Les Datsun Sports « Fairlady » sont dans la même veine. Inspirées des petits roadsters anglais, le projet SP310 est commercialisé à partir de 1963 au pays du Soleil Levant et aux USA. Sa mécanique est une classique propulsion AR mue par un 4 cylindres en ligne de 1500cc développant 77cv.

Une de ses principales caractéristiques est d’offrir 3 places : 2 à l’avant et une originale 3eme place transversale à l’arrière. L’ensemble est élégant, avec une prise d’air sur le capot avant soulignant le coté sportif de l’ensemble.

Dès l’année suivante, un nouveau carburateur double corps permet au moteur 1500 de revendiquer 85cv. La Fairlady 1500 obtient ainsi de jolis succès commerciaux (et sportifs) aux USA.

En 1965, la mécanique gagne 100 cc et le nouveau 1600 cc affiche une puissance de 95cv: les mêmes chiffres que ceux d’une Porsche 356SC. Parallèlement, elle reçoit une boite synchronisée et des freins avant à disques. Ainsi équipé, le petit roadster nippon atteint les 170 km/h !

Aux USA, les ventes sont exponentielles ! Et Datsun ne s’arrête pas là …
En 1967 Datsun propose une nouvelle évolution de son roadster : la Datsun Sports 2000. Et les performances sont encore en hausse. Le nouveau moteur 2 litres de 133 chevaux à arbre à cames en tête est accolé à une boîte manuelle à 5 vitesses.

Les données moteur sont au niveau d’une Porsche 911 ou d’une Alfa Romeo GTV de la même époque ! Excusez du peu …
Datsun pousse même les choses au point de proposer un pack Competition optionnel faisant passer la puissance à 150 chevaux, avec l’aide d’un arbre à came spécial et des carburateurs Mikoni/Solex !

Sur le marché américain, la Fairlady est un vrai succès en raison de son rapport prix / performances. C’est la moins chère du marché dans son segment, face aux anglaises surtout.

Mais si la Fairlady cartonne aux USA, elle reste quasiment inconnue en Europe et en France, en raison des mesures protectionnistes destinées à protéger la production locale. Mais en 1967, quelques exemplaires sont importés, notamment en Belgique et en Suisse. En octobre 1968, le pilote de F1 Jean-Pierre Beltoise, est sollicité par la revue française « Champion » pour effectuer l’essai d’une Datsun 2000. Et il se déclare très surpris des performances impressionnantes ainsi que de la tenue de route irréprochable de la Datsun … Pour lui, c’est une véritable sportive, pas un roadster pour se ballader le coude à la portière !

Poussée par ces succès, Datsun veut passer au cran supérieur. Les Fairlady sont trop restrictives avec leur modeste taille, et leurs 3 places étriquées. En 1970, après près de 50.000 exemplaires produits (tous modèles confondus) la Datsun Sports « Fairlady » cède la place à la nouvelle gamme Z …

La Fairlady aujourd’hui

Les Datsun Sports sont rares en europe et très désirables de se simple fait, au delà de leurs performances comparables à celles des Porsche de l’époque.

Remarquablement construites, bien équipées, elles ne posent guère de problème de fiabilité même si les mécanique ne sont jamais indestructibles, surtout si on ne s’en occupe pas correctement. Comme toujours, le seule véritable point noir reste la corrosion. Importées des USA pour la plupart, il convient d’être vigilant sur ce point afin d’éliminer tout exemplaire hâtivement « replatré ».

Leur faible diffusion se ressent au niveau de la disponibilité des pièces. Mais elle ont été largement diffusées aux USA et là, on trouve à peu près tout ce qu’il faut outre-atlantique. Et avec le Web, ce n’est plus un obstacle, sans oublier la communauté du club Datsun France capable d’aider tout propriétaire.

Posséder une Datsun Sports Fairlady, c’est être le propriétaire d’une voiture particulièrement exclusive capable d’en remontrer aux « mythes » made in Stuttgart de la même époque. Cerise sur le gateau, elle vous offre le plaisir de rouler cheveux au vent pour profiter du grondement de l’échappement.

La cote :

La cote s’étire de 25 à 35.000 euros pour des exemplaires en bon/très bon état selon les modèles, la 2000cc étant naturellement la plus recherchée. Un rapport qualité/prix/prestations particulièrement attractif.
Bien entendu, certains exemplaire ayant bénéficié d’une restauration intégrale peuvent crever ces plafonds.

La tendance :

A la hausse …

Notre choix :

Notre choix se porterai sur cet exemplaire américain en 1500cc développant 85cv et illustrant l’ensemble de cet article. Il a bénéficié d’une restauration importante il y a une dizaine d’année, tant au niveau de la carrosserie que de la mécanique. Malgré quelques entorses à l’origine, cet exemplaire reste dans un excellent esprit. Il a changé de mains pour $29.000 (26.500 €) en fin d’année 2019. Il faudra tout de même ajouter 2 à 3.000 euro de frais d’import et s’habituer au compteur en miles « Mais, m’sieur l’agent, j’ai pas dépassé le 100″