Ce dossier a été rédigé il y a 4 ans. Il commence à dater mais n'est pas forcément obsolète. Lisez-le en gardant son âge en tête, surtout si il aborde des éléments financiers ou réglementaires ! Merci ...

La Chevrolet Corvair fut la première réponse de l’industrie américaine face à l’invasion des petites européennes, au premier rang desquelles la VW Coccinelle.

Concurrente sur son marché des Ford Falcon ou de la Plymouth Valiant, la Corvair est apparue sur en 1960 et est passée à la postérité grâce à des solutions techniques atypiques et une ligne qui inspirera d’autres modèles sur tous les continents, sans occulter une opportune similitude de son nom avec la Corv-ette… le modèle sportif de Chevrolet.

Chevrolet Corvair

Le dessin de la Corvair se distingue par un pli nervuré faisant tout le tour de la voiture. Ornée d’une baguette chromé, cette nervure permet de séparer la silhouette de la voiture en deux parties. Dotée de capots quasiment plats, à l’avant comme à l’arrière, la Corvair présente un profil quasiment symétrique, le tout en 4m37 : la Corvair se voulait être une « compacte » au sens américain du terme !

Chevrolet Corvair

Mais l’originalité première de la Corvair réside dans l’architecture de son groupe motopropulseur, ouvertement inspiré de la Coccinelle : un moteur 6 cylindres à plat, refroidi par air et positionné en porte à faux AR. Cette mécanique fut dans un premier temps déclinée en 2.3 litres atmo de 80cv SAE en version de base puis de 95cv SAE sur la version « Monza ». Cette architecture permettait de s’affranchir d’un lourd et encombrant arbre de transmission traversant le véhicule, tout en s’affranchissant du liquide de refroidissement ou des radiateurs, point bénéfique pour les coûts de vente et d’entretien.

Mais le public conservateur américain n’accroche pas. Il ne se reconnait pas dans cette américaine qui renie les standards techniques made in USA et n’offre aucune sensation pour compenser.

Chevrolet Corvair Cabriolet

Le 1er moteur turbo de série !

En 1961, Chevrolet augmente donc la cylindrée à 2.4 et la version Monza passe à 98cv. Mais la révolution arrive en 1962 avec l’adoption d’un turbo qui donne 50% de puissance en plus et permet à la Corvair de revendiquer 150cv. Autre nouveauté de 1962 : la déclinaison en cabriolet, particulièrement séduisant à notre sens. Le millésime 1963 apportera deux barres anti-roulis.

En 1964, la cylindrée est portée à 2.7l offrant au modèle de base 95cv. La version Monza turbo reste à 150cv mais passe à 180cv en 1965 ! Là, ça commence à sérieusement parler …
Ce moteur de 180 cv disparut en 1966, remplacé par un 2.7 à 4 carburateurs de 140cv. Pour recevoir ce surcroit de puissance, le train arrière troque ses bras oscillants par des bras tirés, des cardans et des ressorts hélicoïdaux.

Toujours « très inspiré » par Volkswagen, la Corvair se décline en 1961 en « Sportvan » (camionnette), minibus et pick-up … au coté des versions 4 portes, 2 portes et break.

Chevrolet Corvair 2eme génération

En septembre 1964, la ligne de la Corvair connaît une évolution stylistique importante en adoptant des vitres latérales courbes, un pavillon sans montant, des ailes arrière galbées, un capot plogeant et une poupe remaniée. L’intérieur bénéficie également de la une cure de jouvance, deux grand compteurs ronds remplaçant le combiné horizontal initial. L’arrivée de cette seconde génération relancera les ventes … temporairement. La Corvair ne trouve toujours pas son public, pas vraiment sportive, pas vraiment raisonnable … elle survit au sein de la gamme Chevy.

Corvair cabriolet 2eme génération

En fait, le coup de grâce lui est porté par un pamphlet publié en 1965 par l’avocat américain Ralph Nader « Unsafe at any speed » fustigeant l’insouciance des constructeurs automobiles américains sur la sécurité de leurs voitures, préférant les restyler tous les ans : la légende veut que ce soit la Corvair qui inspira ce livre. Il faut dire que General Motors eu à faire face à une série de poursuites judiciaires intentée à la suite d’accidents graves subits par des propriétaires de Corvair, mettant en cause la tenue de route des modèles de première génération.

le pamphlet unsafe at any speed

Finalement, la production de la Corvair s’étirera jusqu’en mai 1969 où l’ultime exemplaire, un coupé Monza, quitte l’usine de Willow Run dans le Michigan.

La Corvair aujourd’hui :

La Corvair est une voiture à la fois très intéressante et attachante pour les collectionneurs, en raison de sa mécanique 6 cylindres à plat (la même architecture que la Porsche 911) facile à entretenir. Sa ligne, surtout en cabriolet, son habitabilité, ses performances (à partir de 140cv) en font un véhicule particulièrment attractif et exclusif. La mauvaise réputation de sa tenue de route est largement exagérée, surtout avec les pneus d’aujourd’hui. La bonne nouvelle, c’est que la Corvair n’est pas surévaluée, ce qui fait qu’on peut trouver un modèle en bon état à bon prix.

La cote :

Elle s’étire de 5.000 euros pour un coupé 80cv à 25.000 pour un cabriolet 180cv parfaitement restauré. La multitude des versions et motorisations permet de trouver une Corvair à peu près tous les prix dans cette fourchette.

Tendance :

Stable

Chevrolet Corvair 1964

Notre choix :

Nous choisirons un cabriolet 1964 « Monza Spyder 600 Convertible » motorisé par le 2.7 150cv, en raison de son look délicieusement « happy days » et du fait qu’il bénéficie des barres anti-roulis et du guidage plus rigoureux du train arrière. Cet exemplaire a changé de mains fin 2014 moyennant 15.500 euros.