Ce dossier a été rédigé il y a 3 années. Il commence à dater mais n'est pas forcément obsolète. Lisez-le en gardant son âge en tête, surtout si il aborde des éléments financiers ou réglementaires ! Merci ...

La Mini, c’est un monument de l’automobile. Une de ces voitures devenues intemporelles au point d’être aujourd’hui déclinée par BMW dans sa version « neo-rétro » comme l’est la Coccinelle par VW ou la 500 par Fiat. Des jeunes fauchés aux plus grandes stars, des parisiennes branchées aux épreuves de rallye, l’Austin Mini a tout connu pendant 40 ans

C’est en 1956 que nait le projet « Mini ». La crise du canal de Suez provoque un rationnement du pétrole, créant des inquiétudes dans les milieux industriels britanniques. A la British Motor Corporation (BMC), Alec Issigonis et Laurence Pomeroy sont chargés de concevoir une nouvelle voiture économique, projet qui prendra le nom de code « ADO16 » (Austin Drawing Office project number 16 ». Le prototype retenu sera celui d’ Alec Issigonis et verra le jouer au bout de huit mois d’études, en octobre 1957.

Mini Cooper S 1963

La genèse :
A l’époque, la concurrence (VW Coccinelle, Fiat 500, Renault 4cv et Dauphine) a opté par la technologie du « tout à l’arrière » (moteur et boite). Chez BMC, on est admiratif des idées en vogue chez Citroen, ce qui pousse Issigonis pour opter pour le « tout à l’avant ». Le moteur de la Morris Minor est repris, avec un radiateur décalé sur le coté droit du compartiment moteur. Une des idées géniales de la Mini est de placer la boîte de vitesses sous le moteur en position transversale. Autre idée révolutionnaire, le choix de petites roues de 10 pouces (la Cox a des roues de 15 pouces !) permet de maximiser l’habitabilité. Ainsi, la future MINI dédie 80 % de sa longueur à loger occupants et bagages. La mécanique de 948 cm3 délivre 34 cv qui permettent de propulser les 620 kg de l’engin à + de 120 km/h. Mais au delà de la technique, la Mini va devenir une icone sixties grâce à sa bouille géniale.

Mais, au-delà de son physique craquant, la force de la Mini, c’est sa tenue de route terriblement efficace. Quatre roues rejetées aux coins de la caisse, un centre de gravité très bas et une suspension originale (mais pas très confortable) en font une sorte de karting accrochée au bitume !

Moteur de la Mini

Puis John Cooper se pencha sur la Mini. John Cooper est à Mini ce que Amédée Gordini fut pour Renault ou Colin Chapman pour la Ford. Auréolé de ses succès en F1, John Cooper a sublimé l’extraordinaire potentiel de la Mini en lui donnant chevaux et image « so british ».

Dès 1961, la Mini Cooper est donc disponible. Le moteur réalésé à 998 cm3 et alimenté par deux carburateurs SU développe 55 ch à 6 000 tr/mn et la voiture atteint désormais 140 km/h. Deux ans plus tard, la Cooper S de 1.071 cm3 et 70 ch est commercialisée. L’essai est transformé et la Mini Cooper S devient une référence des populaires « sportives ». En 1964, les Mini accueillent une nouvelle suspension nommée « Hydrolastic » mais surtout deux nouveaux moteurs avec un 970 cm3 de 65 ch à 6 500 tr/mn et surtout un 1.275 cm3 de 76 ch à 5 800 tr/mn permettant à la Cooper S d’atteindre les 160 km/h !

Compteur Mini Cooper S 1963

Mais la vie de la Mini est compliquée. En 1968, la fusion de BMC, Standard-Triumph et Rover pour former le groupe British Leyland met à mal les accords avec John Cooper. En 1969, la Cooper 998cc est stoppée, la Cooper S 1.3 voit sa production s’arrêter en 1971. En 1989, la Mini est commercialisée par Rover. En 1991, Rover ré-introduit une « Cooper » avec le 1.275cc … dégonflé à 61cv pendant 2 ans. En 1993, la généralisation de l’injection et du pot catalytique la transformeront en « Cooper 1.3i » mais les perfs plafonnent à 150 km/h. En 1997, ce sera le champ du signe avec une ultime série « Monte Carlo ». La production de la Mini « Classique » s’arrêtera en 2000, au bout de 41 ans, pour renaître chez BMW en version contemporaine !

Au volant
La Mini c’est un maximum de sensations … même à l’arrêt ! Moteur en marche tout semble vibrer, c’est aussi une position de conduite hyper basse, avec le volant très haut et horizontal façon « camionneur », un pédalier resserré… En fait, c’est ça la magie d’une Cooper : elle offre de réelles sensations de conduite … à des vitesses très raisonnables. Cette ambiance, ce plaisir de conduire constitue l’attrait majeur de la Mini.

Mais la Mini, ce n’est pas qu’une machine à sensations. Elle fait aussi des miracles en ville: c’est une voiture particulièrement agile et qui se gare dans un mouchoir de poche.

Mini Cooper en rallye

Toutefois, comme l’on dit souvent, elle a les défauts de ses qualités… D’abord, c’est une anglaise : les petits soucis sont livrés en série. Tracas électriques et mécaniques sont fréquents, mais faciles à réparer en général. L’absence de 5eme vitesse pénalise le niveau sonore et la consommation (comptez 9l/100). Le coffre est encombré par la roue de secours et la batterie. Le plus gênant pour le passionné collectionneur est sans doute la mauvaise accessibilité de la mécanique : à la moindre intervention il faut démonter la calandre et le capot, sans oublier quelques prises de tête prévisibles avec la visserie anglaise…

La Mini aujourd’hui
Comme la Coccinelle, la Mini a subit très peu d’évolution stylistique au cours de ses 30 années de production. Adoptée par de nombreuses stars des années 60-70 (John Lennon, Steve McQueen, Enzo Ferrari…) la Mini est emblématique de la révolution pop, au même titre que la mini-jupe ou « All you need is love » ….

Mini Morris

Une Mini Classique, c’est une des anciennes qui trouvent naturellement leur place dans la circulation contemporaine, et qui véhiculent une véritable aura. Qui n’a jamais conduit une Mini a raté quelque chose. En clair : l’essayer, c’est l’adpoter. Comprenez : la demande est soutenue ! Les pièces spécifiques sont parfois coûteuses en raison de leur raréfaction, mais le marché de la reproduction peut se révéler de bon secours. Pour l’entretien, le réseau « New Mini (BMW) ne connait pas les Mini « Classiques » et ne possède pas l’outillage nécessaire. Quant à l’ancien réseau Rover … il n’existe plus ! Heureusement, de nombreux spécialistes des anciennes Mini ont vu le jour pour vous permettre de vous en sortir.

Si les versions Cooper 970 et 1071 cm3 revendiquent un statut particulier, les 1275 sont préférables dans le cadre d’un usage plus régulier. D’une manière générale, on accordera un net avantage à un exemplaire conforme à l’origine et dont l’authenticité ne fait aucun doute, ce critère revêtant un caractère structurant dans le cas de la Cooper S : attention aux nombreuses fausses Cooper qui circulent et peuvent éventuellement tromper l’amateur.

La cote
Les Mini standard (850 et 1000) peinent à dépasser les 10.000 euros, même en excellent état. L’essentiel des transactions se fait entre 6 et 8.000 euros.
Pour les Cooper et Cooper S c’est l’inverse : ça flambe, de 15.000 à 40.000 euros, pour les premières S (1071 cm3), en parfait état, eu égard la rareté de l’offre. Les séries 2 Cooper (1991-92) sont plus raisonnables, entre 8 et 10.000 euros

La tendance
A la hausse, modérément

Mini Cooper 1991

Notre choix
Les Cooper de première génération nous semblant intouchables, nous irons regarder du coté des Cooper 1.3 « deuxieme série » des années 90-92 nettement plus abordables et offrant une puissance confortable d’un peu plus de 60cv, largement supérieure aux Mini standard. Cette Cooper de 1991 (à carburateur) suivie, entretenue, restaurée avec soin et affichant 105.000 km certifiés a changé de mains pour 8.900 euros en 2015.