Ce dossier a été rédigé il y a 2 ans. Il commence à dater mais n'est pas forcément obsolète. Lisez-le en gardant son âge en tête, surtout si il aborde des éléments financiers ou réglementaires ! Merci ...

L’Alfa Romeo Giulietta SZ (pour Sprint Zagato) est reconnue comme l’une des plus belles Alfa classiques. Elle n’a été construite qu’à 217 exemplaires. Elle est donc aussi très rare. La découverte d’un exemplaire de 1962, qui se trouvait dans un sous-sol à Turin, dans le nord de l’Italie vient alimenter le nombre des petites merveilles qui re-surgissent du passé

Il était une fois un mécanicien et collectionneur Turinois du nom d’Osvaldo Avalle. Osvaldo avait acheté en 1984 une Giulietta SZ de 1962 à la concession Alfa Romeo Dario Vico de Turin. Il l’a remisée dans un sous-sol il y a 25 ans, après l’avoir amenée à 94.000 km.

La Giulietta SZ est dotée d’une carrosserie en aluminium entièrement réalisée à la main, basée sur le châssis raccourci de la Giulietta Spider. Ses vitres sont en Perspex et son intérieur est minimaliste. Résultat, un coupé poids plume n’affichant que 785 kg à la pesée.

Sous le capot, on retrouve le 1300cc Alfa retravaillé pour atteindre 100cv, chiffre exceptionnel en 1962 (il fallait 1500cc à Porsche pour que sa 1500 GS Carrera affiche 100cv). Grâce à ce rapport poids-puissance particulièrement avantageux pour l’époque, la Giulietta SZ était capable d’atteindre les 200km/h en vitesse de pointe. Elle pouvait dominer des voitures de courses équipées de plus gros moteurs, profitant de son poids-plume pour rentrer et s’extirper des virages avec bien plus de facilité.

La plupart des Giulietta SZ ont été utilisées en compétition, au Nürburgring, pour la Targa Florio ou aux 24h du Mans. Si cet exemplaire suscite un tel engouement, c’est parce qu’elle se trouve encore entièrement dans son excellent état d’origine. Carrément introuvable…

Mais l’ascenseur menant au sous-sol d’Osvaldo Avalle est tombé en panne et il lui est devenu impossible de la sortir de là. Durant plus de 3 décennies, l’ascenseur n’a pas été réparé, un arbre s’est développé au-dessus du garage et finalement Osvaldo est décédé il y a peu de temps sans laisser de testament ni d’héritier. Résultat, le gouvernement italien hérite des biens d’Osvaldo… et donc de la rare Alfa Roméo.

La beau coupé Blu Chiaro Metallizato est sorti de sa prison de béton à l’aide d’une grue avant d’être mis aux enchères localement le 31 janvier dernier: sur une base de départ des enchères à 14 000 euros, elle a dépassé le demi-million pour être finalement adjugée en 15 minutes à 567.000 euros à Silvauto, un négociant Italien de véhicules de collection. Au programme : un toilettage, une simple révision mécanique, mais aucune restauration… ce serait un sacrilège.

Silvauto dernier s’est dépêché de l’exposer début Février lors du salon Automotoretrò de Turin, avant de l’emmener à Rétromobile dans le but à peine dissimulé de la revendre encore plus cher, compte tenu de l’intérêt constant des acheteurs fortunés internationaux pour les anciennes italiennes.

Mais Rétromobile a fermé ses portes et si des sommes de 1 million d’euros ont été évoquées, à ce jour, la voiture est toujours propriété de Silvauto. On observe que la vente officielle Artcurial de Rétromobile proposait une autre Giulietta SZ (en version Coda Tronca) estimée entre 580 et 720.000 euros et qu’elle n’a pas trouvé preneur… Pour le moment c’est donc le ministère des finances italien qui se frotte les mains….