La Jaguar MK2 3.8 est une reine de l’automobile. Certains la qualifient de « plus belle voiture du monde », et elle ne laisse personne insensible. Elle est présente dans l’inconscient de tout collectionneur. Mais derrière une voiture que l’on associe facilement à la bourgeoisie se cache une véritable star des années 50 et 60, à la fois belle, désirable et sportive !

La Jaguar MK2 vient d’un autre monde. Un monde où les lignes d’une voiture n’étaient pas le résultat des compromis entre contraintes aérodynamiques, normes de sécurité et identité de marque. Non, l’extraordinaire style de la MK2 est le reflet d’une époque, d’un monde et d’un homme, William Lyons, pour qui la beauté des choses était primordiale. Le dessin intemporel de la MK2 est une alchimie de subtilité, de puissance et de charisme qui glisse sur les décennies en conservant toute sa magie.

Jaguar 3.8

La Jaguar Mk2 fait irrésistiblement penser à un cottage anglais : Bois massif à profusion, petits interrupteurs chromés, bakélite, touches de chrome ravissantes et petits compteurs ronds, tout nous emmène dans un salon anglais chaleureux et cosy ! Le terme « luxe à l’anglaise » prend ici toute sa dimension …

Intérieur Jaguar Mk2

Jaguar installe installe en 1959 son merveilleux moteur XK 6 cylindres de 3.8 l sous le capot de sa berline « Mk2 ». Un moteur mythique qui a remporté plusieurs fois les 24 heures du Mans ! Un moteur de course dans une voiture de série ! La MK2 devenait la berline de série « la plus rapide du monde » et mettait le sport à portée de volant des pères de famille.
Le bloc 3.8 Jaguar dispose d’une culasse à double arbre à cames en tête et il est alimenté en essence par deux très britanniques carburateurs SU. Le résultat : 220 chevaux à la clé, plus de 200 km/h en pointe et un 0 à 100 km/h en 8,5 secondes ! Du jamais vu sur une berline confortable, en 1959 …

Moteur Jaguar 3.8

Au démarrage, le moteur s’ébroue d’un voix profonde qui laisse suggérer tout son potentiel. Sur la route, c’est un matou docile qui met en avant son couple considérable et sa souplesse. Mais si le pied droit se fait lourd et pressant, le 6 cylindres 3.8 libère toute sa fougue, vrombit, rugit d’une voix caverneuse pour déchainer le fauve qui dort en lui ! La sonorité de la Jaguar MK2 3.8 est tout simplment unique et inoubliable !

Boite 4 et Overdrive pour la Jaguar Mk2 3.8

Si les chiffres peuvent sembler banals, il convient de les rappporter à l’époque considérée : en 1959, quelle berline familiale était capable de suivre une Ferrari 250 ? La Jaguar MK2 … Et 10 ans plus tard, quelle berline était capable de suivre une Porsche 911 ? La Jaguar MK2 …
Voiture de la bourgeoisie, la Mk2 3.8 était aussi de par ses performances, la voiture des malfrats, à l’instar de la BMW 528 vingt ans plus tard ! Mais c’est une autre histoire !

La Jaguar Mk2 3.8

Coté châssis, quatre freins à disques, c’était encore la première fois qu’une voiture de série était équipée de la sorte ! Et ça freine droit et fort… Bon, pour l’assistance, il faudra repasser. Et c’est partout pareil dans la MK2 : Freins, embrayage, accélérateur, volant… il faut du muscle pour dompter le fauve. C’est une « terribement » british.
La boite est manuelle à 4 rapports, avec ou sans overdrive, ou automatique à 3 rapports(essentiellement pour le marché US)

La Jaguar 6 cylindres 3.8

LA MK2 est une star des fifties, comme celles que l’on revoit parfois au cinéma. Son charisme envoûte, sa voix nous charme, sa plastique nous séduit et sa noble mécanique nous fait donne la chair de poule. Toutefois, n’oubliez pas : la belle est une star viellissante d’un autre siècle, où les références sont totalement différentes d’aujourd’hui…

Sa conduite se révélera éprouvante en zone urbaine et franchement épuisante sur parcours de montagne. Mais amenez la MK2 sur les bords de Loire boisés ou sur la Côte d’Emeraude et vous accéderez à des moments de pur bonheur … Question appétit, on tourne entre 15 et 20 l/100 km, pour un modèle bien réglé et sagement conduit. Là encore, on est sur des références d’un autre âge. Il faut en être conscient.

La Jaguar Mk2 reine de la route

Mais les stars font aussi leurs caprices, c’est bien connu. Attention quand même aux idées reçues, la MK2 est loin d’être l’anglaise la plus caractérielle. Bien construite, sa mécanique est robuste pour peu qu’on la respecte. Ses carburateurs réclament un réglage régulier, on n’hésitera pas à moderniser un peu l’allumage et on ne lésinera pas sur les changements d’hule. Mais un moteur agé de 70 ans peut aussi être, tout naturellement, au bout du rouleau après 300 ou 400.000 km avalés.

Voiture de notable, la MK2 vieillit globalement bien au niveau châssis ou carrosserie. Elle a souvent bénéficié d’un garage couvert et des soins cosmétiques lui permettant de conserver son statut de reine !

Cuir et bois dans la Jaguar Mk2

La Jaguar Mk2 est peut-être bien la voiture de collection ultime, celle qui combine la ligne, le tempérament, l’habitabilité. Avec la Mk2 on peut aller au bureau, s’offrir une virée sur circuits et emmener la famille à la campagne pour le weekend… Cette voiture, c’est le confort et la puissance, la sportivité et l’habitabilité, les sensations et la respectabilité. Mais plus que tout celà, la Mk2 résume à elle seule le concept « Vintage ».

Jaguar 3.8

La MK2 n’est pas une voiture rare. Son prix est généralement le reflet des restaurations dont elle aura bénéficié. Le ticket d’entrée pour un exemplaire en bon état d’origine est de l’ordre de 30.000 euros. Les photos qui illustrent cet article sont celles d’un exemplaire qui a changé de mains début 2021 pour (un peu) moins de 30.000 euros.
Mais n’hésitez surtout pas à dépenser plus pour un exemplaire dont la mécanique a été révisée voire refaite. Par contre, laissez de coté un exemplaire à la sellerie refaite à neuf. Certes c’est joli, mais rien ne vaut un cuir d’époque patiné et son odeur « vintage » inimitable !

Jaguar Mk2 3.8, la voiture des Gangsters

Une 3.8 sinon rien. Nous avons délibérément passé sous silence les plus modestestes versions 2.4 et 3.4. C’est la brillante mécanique 3.8 qui fait d’une « bonne voiture » une star ou une reine.
Notre choix se porterai donc sur l’exemplaire illustrant cet article, pour lequel nous provisionnerions environ 10.000 euros supplémentaires pour une réfection moteur intégrale… c’est un investissement absolument nécessaire pour un modèle qui ne pourra qu’évoluer à la hausse. Les plus motivés pourront aussi envisager de lui greffer une direction assistée, mais ce n’est pas notre choix : l’origine avant tout !