Ce dossier a été rédigé il y a 3 années. Il commence à dater mais n'est pas forcément obsolète. Lisez-le en gardant son âge en tête, surtout si il aborde des éléments financiers ou réglementaires ! Merci ...

Le monde des américaines, relativement fermé, fonctionne avec ses codes parmi lesquelles une sémantique bien particulière. On y parle souvent de Pony Cars et de Muscle Cars. L’occasion pour Autocollec de démystifier ces termes pour que chacun s’y retrouve, même si il n’évolue pas au sein du milieu des américaines !

LES PONY CARS

Le terme « pony » désigne en anglais un cheval de petite taille. Les Pony Cars désignent donc une voiture relativement compacte, à connotation sportive. Le terme est apparu à lors du lancement de la Ford Mustang, en 1964, quand Ford a voulu proposer un véhicule attrayant pour les jeunes, moins volumineux et onéreux qu’une familiale, restant néanmoins éloigné des références sportives de l’époque qu’étaient les Chevrolet Corvette et autres Ford GT40. Le nom et l’emblème de la voiture, le Mustang étant un cheval de petite taille, ont donné le nom à la catégorie.

Ford Mustang 1966 289ci

En 1964-1965, la Mustang proposait deux mécaniques 6 cylindres de 101 et 120cv et et 7 versions de V8 allant de 160 à 380cv. La Mustang rencontre un énorme succès dès le premier jour de vente. D’abord disponible avec de petits moteurs, elle deviendra rapidement un mythe avec les impressionnantes versions Shelby. Passée à la postérité grâce à la poursuite d’anthologie du film « Bullit », la Mustang est une véritable institution aux Etats Unis.

Au vu du succès de la Mustang, les autres constructeurs américains se lancent à leur tour dans la production de leurs propres « Pony Cars » :

les Dodge Charger et Challenger
les Chevrolet Camaro et Chevelle
les Pontiac Firebird et GTO
les Plymouth Barracuda et Road Runner
la Ford Torino

LES MUSCLE CARS

Le terme « muscle car » désigne en fait les versions ultimes de Pony Cars, équipées de moteurs surpuissants permettant d’obtenir avec un véhicule de route des performances ahurissantes. Cette démarche descend explicitement de la tradition des Hot Rods des années 40 et 50, consistant à mettre un gros moteur dans une banale berline.

La cylindrée de voitures de cette époque s’exprime au USA en ci « Cubic Inch ». Il suffit de multiplier le chiffre ci par 16,3871 pour obtenir la cylindrée en centimètres cubes.

La « ligne de démarcation » entre Pony et Muscle Cars s’établit en gros en fonction de la taille et de la puissance du moteur : V8 big block (>6000 cm3 ou >367ci) et plus de 300 ch (jusqu’à 450 cv) pour les Muscle Cars alors que les Pony Cars se contentent de V6, V8 small block et big block de moins de 300 ch

Mucle Car Dodge Charger 1969 7.0 425cv

L’installation d’un « big block » de plus de 6 litres de cylindrée dans une automobile légère et techniquement archaïque (châssis séparé, pont arrière rigide, suspension arrière à ressorts à lames, freins à tambours) fait toute la singularité des Muscle cars, le but étant d’obtenir un rapport poids/puissance des plus favorables, autour de 5 kg/ch en moyenne, pour obtenir des performances hors du commun. La plupart des Muscle car de l’époque utilisent un maximum de composants provenant de la production de série, permettant de les commercialiser à un tarif attractif.

Dans les années 60, rouler en Muscle Car était un signe identitaire très fort, emprunt de défiance au pouvoir et aux forces de l’ordre, de courses sauvages et d’opposition à l’American way of life…

Muscle  Car Chevrolet Chevelle SS 1970 454ci 450cv

On range dans la catégorie des Muscle Cars :

les Dodge Charger, Challenger et la série des Super Bee
la Ford Torino GT et Falcon XB coupé
les différentes Shelby GT (Mustang)
les Chevrolet Camaro, Chevelle SS et Nova
la Pontiac GTO
la Mercury Cobra

Les moteurs « big blocks », atteignaient des cylindrées de 380 ci (environ 6,2 litres) à 454 ci (7.4 L)

Muscle Plymouth Barracuda 440 ci  375 cv

Mais dès le début des années 70, l’étoile des Muscle cars commença à décliner, plombée par les surprimes d’assurance engendrées par la multiplication des accidents (graves) qu’elles enregistrent, du fait de leur puissance difficilement maîtrisable. Puis viendra le « Clean Air Act » (« Loi sur l’air pur ») exigeant des réductions importantes des émissions polluantes. Les constructeurs se voient contraints de réduire la puissance de leurs gros moteurs V8, réduisant à néant l’esprit même de « Muscle Car ». Le coup de grâce sera porté en 1973 avec le grand choc pétrolier mondial, ouvrant le retour en grâce des Pony Cars, moins polluantes et moins gourmandes.

Ne pas se tromper à l’achat

Il ne faut pas confondre un Pony Car d’un Muscle Car, entre lesquels il y a à peu près la même différence qu’entre une 911 Carrera et une 911 GT3. Certains vendeurs de Mustang ont vite fait de parler de Muscle car pour une voiture pourvue d’un « petit » V8 260ci de 160cv. Les véritables Muscle Car doivent pouvoir revendiquer un véritable mécanique de plus de 367 ci (6.0 litres) avec un minimum de traçabilité, pour être considérées comme telles.

Notre choix

Ford Mustang 1966 Fastback

Notre choix se portera sur une Mustang Fastback « Pony Car » bien équipée, en laissant de coté une « Shelby » surpuissante mais plus difficile à dompter… et nettement plus onéreuse . Coté moteur, un V8 289ci en version 200 dou 225 cv nous donnera déjà beaucoup de plaisir tout en restant relativement raisonnable du coté consommation. Un tel modèle du millésime 67 ou 68 peut se trouver pour moins de 30.000 euros, en état 3 selon le système international de classification des voitures de collection